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Alors cette expertise, ça va se passer comment ?

Le premier épisode de cette passionnante saga est

Stéphane repose la question :
– Alors cette expertise, ça va se passer comment ?

– Ok, on y va, je vous explique :

Comme la plupart des expertises, elle va en principe se dérouler selon un ordre sinon immuable, du moins logique.

– Pourquoi en principe, m’interrompt Stéphane, décidément très attentif.

– Et bien parce que chaque expert est maître de son expertise, de son déroulement, de son histoire.
Mais restons simple, je vous explique le cas habituel.

D’abord, l’expert vérifiera brièvement votre état civil, n’oubliez pas votre pièce d’identité.

Puis il étudiera avec soin l’ensemble des faits depuis votre accident jusqu’au moment de l’expertise.
C’est ce que nous venons de faire, et en plus nous pourrons présenter les nouveaux documents que vous aurez récupérés.
C’est la raison pour laquelle nous devons vérifier ensemble que votre dossier est bien complet.
Il VOUS appartient de démontrer que l’ensemble de ces faits est bien lié de manière directe et certaine (on dit imputables dans notre langage) à l’accident en cause.

Stéphane, qui m’écoutait attentivement, s’insurge :
– On me prend pour un menteur? On ne me croit pas?
C’est moi la victime, et je dois encore tout démontrer?

– Et oui… On vous croit, mais effectivement, c’est à vous, la victime, de démontrer tout cela.
Mais ne vous inquiétez pas : pour la grande majorité de vos troubles, la relation est facile à faire.

Ce qui permet de discuter, le point de départ de tout cela, ce sont les certificats initiaux que vos médecins ont rédigés.

En principe il n’y en a qu’un.
Mais nous savons bien, nous, que dans certains cas, toutes les lésions, toutes les atteintes n’apparaissent pas d’emblée, quelle que soit l’importance du traumatisme initial :
Dans un traumatisme léger, une lésion peut avoir été sous estimée et être plus grave que ce qui était pensé au début.
Dans des traumatismes graves, l’attention se focalise sur les lésions les plus graves, parfois vitales, et c’est plus tard au cours de la convalescence, qu’on va découvrir des lésions passées inaperçues. Par exemple dans un traumatisme thoracique grave, une fracture d’un orteil peut n’être mise en évidence que longtemps après, au moment de la reprise de la marche

Pour Stéphane, c’est assez simple : la lésion initiale du pied a conduit dans un premier temps à une tentative de récupération, avec ostéosynthèse et sutures vasculaires, mais le délabrement trop important a conduit à la nécrose et à la nécessité d’une amputation.

Je poursuis mes explications.

– Quand il aura bien étudié tous les faits, l’expert vous interrogera sur vos antécédents, les maladies, les interventions chirurgicales, les accidents, que vous avez pu avoir avant cet accident.

Puis vient le moment des doléances, celui ou vous allez pouvoir exposer vos plaintes actuelles concernant cet accident, le retentissement de cet événement sur les différents aspects de votre vie.
Je vous conseille de les préparer très soigneusement, par écrit même de préférence car dans l’émotion de l’expertise, vous risquez d’oublier un certain nombre de choses qui vous tiennent à cœur. Nous pourrons en laisser un exemplaire à l’expert pour qu’il l’annexe à son rapport.

L’expert procédera ensuite à un examen clinique, détaillé et précis.

D’ailleurs, puisqu’on en parle, je vais vous examiner.

Stéphane se déshabille, enlève la prothèse.
J’observe qu’il la manie avec encore un peu de difficulté.
C’est une première prothèse, celle qui lui permet d’apprendre à marcher avec une partie de jambe, une cheville, un pied artificiels.
Je regarde l’état du moignon, qui paraît bien fermé, mais rouge encore, sensible à la palpation.

En même temps je lui explique les différents temps de l’examen clinique.

Il se rhabille, remet sa prothèse.

– Et après, Docteur, qu’est-ce qui se passe?

– Après ce sera la discussion.
LE moment clé, très technique, de l’expertise.
L’expert doit répondre aux questions de sa mission, à toutes les questions, seulement aux questions….

Vous pourrez assister à celle ci si vous le souhaitez, mais ce n’est pas une obligation.

Au cours de cette discussion seront évoquées les lésions initiales, leur évolution, le caractère consolidé ou non des séquelles
Si vous êtes consolidé seront discutées les conclusions définitives, qui serviront de base à votre indemnisation.
Si vous ne l’êtes pas, seront proposées des conclusions provisoires qui vous permettront de recevoir une provision.
Les conclusions, ce sont les réponses aux questions qui sont posées à l’expert dans sa mission.

Voilà, vous savez (presque) tout…

Stéphane est un peu perdu, ça fait 1h30 qu’il est là, il a tout déballé, il se sent vidé, il a revécu toutes ces étapes qu’il voudrait oublier…

Il a reçu, aussi, beaucoup d’informations en peu de temps.
Sa femme, que je sens très « aidante », empathique, a aussi tout noté et, je crois, bien compris.

Devant eux j’ai dicté un compte-rendu de la consultation, différents courriers.

Nous nous quittons, nous nous reverrons le grand jour, le jour de l’expertise.

Et ça, c’est une nouvelle histoire

À suivre…

 

Stéphane et son expertise

ou tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’expertise médicale…

Aujourd’hui, Stéphane a pris rendez-vous.

Je ne le connais pas encore, mais je sais déjà que je vais lui consacrer environ une heure et demi, peut-être même deux heures, en tout cas c’est le temps que j’ai bloqué dans mon agenda pour lui.

Stéphane arrive, il a un volumineux dossier qu’il porte dans un de ces sacs vendus quelques centimes dans les grandes surfaces.

Dedans j’aperçois déjà un gros classeur, des clichés de radios, des DVD d’imagerie, et des papiers, beaucoup de papiers…

Il est venu avec sa femme, peut-être pour se donner du courage, peut-être pour être sûr de ne rien oublier de dire, de demander, pour retenir avec elle les réponses à ses questions.

Stéphane a eu un accident.

Il a subi un gros dommage physique, une de ses jambes a été amputée, il a été hospitalisé plusieurs mois, il est toujours en cours de réadaptation, de rééducation, il s’accoutume peu à peu à la prothèse qu’on lui propose.

Il sait qu’il va avoir une expertise, mais il ne sait pas bien pourquoi, il ne sait pas ce qui va se passer, il croit que l' »expert » va lui donner de bons conseils pour trouver la meilleure prothèse, celle qui lui permettra, espère-t-il, de marcher presque comme avant.

Il ne comprend pas pourquoi cette expertise arrive à la fois si tard (son accident date déjà de plusieurs mois pendant lesquels il s’est retrouvé bien seul) et si tôt (car son état n’est pas stabilisé, il est encore évolutif).

Voilà les premières questions que me pose Stéphane :

Une expertise médicale, à quoi ça sert?

Ça sert à évaluer le plus précisément possible les conséquences, les séquelles, liées à un dommage corporel, que ce soit un accident de la circulation, un accident de la vie, une agression, une catastrophe naturelle, un acte médical, etc.

Cette évaluation va permettre de « réparer » la victime, ce qui consiste à l’indemniser.

Donc il n’y a une expertise que quand quelqu’un va pouvoir payer (une assurance, un auteur pénalement responsable, l’État dans certains cas, une caisse d’assurance maladie, etc.)

Une expertise médicale, c’est pour qui

Pour une victime, que le traumatisme soit physique, psychologique, ou les deux.

Pour Stéphane, donc.

Mais sa femme intervient : elle a subi le contrecoup de cet accident, elle a dû arrêter de travailler quelque temps, elle a été touchée psychologiquement…

Je l’arrête : on parle de Stéphane, c’est l’expertise de Stéphane.

Le temps qu’elle a consacré à Stéphane pourra être pris en compte dans l’expertise de Stéphane au titre de l’aide humaine dont il a eu besoin, mais son dommage psychologique à elle, c’est le préjudice par ricochet, et c’est son avocat qui devra le faire valoir.

Une expertise médicale, dans quel cadre?

Ça peut être dans le cadre judiciaire pénal (rare), judiciaire civil (assez fréquent), amiable civil par la compagnie d’assurances de l’auteur du dommage (très fréquent), par une assurance de sécurité sociale, dans le cadre d’une CCI (ancienne CRCI, pour les accidents médicaux), contractuel par une compagnie d’assurances dans le cadre d’un contrat, etc.

Pour Stéphane, ce sera le cadre judiciaire civil.

Une expertise médicale, par qui?

Ça se complique.

Chaque expertise est réalisée par une personne censée être compétente et autorisée pour la faire.

Au quotidien, ce n’est pas toujours le cas, mais cela, c’est une autre histoire…. que nous raconterons aussi…

L’expertise judiciaire, c’est par un expert judiciaire.

L’expertise amiable à la demande d’une compagnie d’assurances, c’est par un médecin conseil d’assurances.

Celle de la sécurité sociale, par un médecin agréé par la SS

Celle de la CCI (Commission de Conciliation et d’Indemnisation), par un expert figurant sur la liste des experts agréés par la Cnamed (commission nationale des experts en responsabilité médicale)

Etc, etc.

Et le médecin conseil de victimes, dans tout ça : lui, il assiste la victime dans chacune de ces expertises, son rôle est spécifique.

 

Bon Stéphane a à peu près compris mes explications.

On va évaluer son dommage.

Comme il a un avocat qui demande réparation dans le cadre civil, ce sera une expertise judiciaire.

A l’expertise, seront présents au moins l’expert judiciaire bien sûr, le médecin de l’assurance de l’auteur du dommage, et moi que Stéphane a choisie pour l’assister sur le plan médical dans cette procédure.

Mais Stéphane a encore beaucoup de questions, auxquelles je réponds au fur et à mesure, tout en prenant connaissance de son épais dossier médical, en lisant les certificats, les comptes-rendus d’hospitalisation, de radios, les comptes-rendus opératoires…

Stéphane s’impatiente :

Une expertise médicale, ça se passe comment?

Je vais lui répondre, mais pour vous, amis lecteurs…

ce sera le sujet d’un prochain billet… si vous le voulez bien…

à suivre…

Anonymat, pseudonymat, réseaux sociaux

L’identité des médecins et étudiants en médecine sur les réseaux sociaux

Le texte ci-dessous est un résumé d’une présentation que j’ai faite dans le congrès Doctors2.0 and you de juin 2013.

Il reflète mon ressenti de médecin qui navigue un peu sur les réseaux sociaux, et une amorce de réponses aux questions qui se posent sur l’anonymat et le pseudonymat sur les réseaux sociaux.

Par convention, je dirai qu’on est anonyme quand on ne donne pas son identité et qu’on ne dit pas qu’on est médecin.

On utilise un pseudonyme quand on précise qu’on est médecin, mais qu’on ne divulgue pas son identité.

Pourquoi va-t-on sur un réseau social quand on est médecin, pourquoi y va-t-on sous son vrai nom ou sous pseudonyme ?

La question se pose différemment selon les réseaux sociaux, selon les utilisations, selon les utilisateurs.

Le conseil national de l’ordre des médecins a édictées des règles déontologiques à respecter sur les réseaux sociaux, je n’y reviens pas.

Evacuons immédiatement les réseaux sociaux de type professionnels, fermés, réservés aux médecins, sur lesquels l’identité est bien évidemment explicite, le contraire n’aurait pas de sens.

Sur Facebook la question est complexe.

Quand on va sur Facebook c’est pour se montrer. Cela ressemble à la vitrine d’un magasin, on en montre plus ou moins selon les gens qui passent, mais c’est une affiche, et on attend en retour des commentaires. On peut aussi sortir de sa vitrine pour voir les autres.

On conçoit mal quel serait l’intérêt d’un échange sous identité masquée puisque l’objectif est bien un affichage à un public plus ou moins large de données à caractère soit personnel, soit professionnel, soit mixte.

Cette dernière hypothèse, d’un Facebook mixte professionnel/personnel est à proscrire a priori en ce qui concerne les médecins, dans le sens où il est préférable que pour un médecin vie publique et vie privée soient bien séparées.

Le CNOM estime qu’il est préférable qu’un médecin n’ait pas ses patients pour « amis »…

Sur Google+, arrivé plus tard, le pseudonyme n’a pas été admis dès le départ, même si il existe des moyens de contourner les vérifications de Google.

Cela lui a permis d’être, entre autres, un réseau de type professionnel, mais lui a enlevé le côté spontané et exutoire de Twitter.

Sur Google + on présente et on reçoit des données, des images, des articles, des vidéos, bref de l’information.

Le site personnel d’un médecin n’est pas un réseau social. C’est une vitrine, mais elle lui appartient, il s’y présente, il parle de ce qu’il fait, le pseudonyme serait un non-sens.

Le blog, c’est plus personnel. C’est son espace, c’est chez soi. Bien sûr tout le monde peut entrer, mais on peut se livrer, plus ou moins. Si un médecin, identifié en tant que tel, raconte des histoires de médecin, il est obligé, non seulement de suffisamment modifier les histoires pour que les patients ne se reconnaissent pas, mais aussi pour qu’ils ne soient même pas identifiables.

Dans ce cas, le pseudo paraît utile.

On pourrait rétorquer qu’on n’a pas besoin de raconter ses histoires de médecin à la face du monde.

Je répondrais que les récits médicaux ont toujours existé, et je pense même qu’ils peuvent avoir un effet bénéfique, tant pour les médecins que pour les patients.

Sur la plupart de ces blogs, les commentaires de patients démontrent qu’ils sont le plus souvent reconnaissants aux auteurs d’exposer la face cachée de la médecine et des médecins.

Pour autant, est ce à dire qu’une liberté totale doive être laissé à l’auteur, qui se croit bien à l’abri derrière son pseudonyme?

Bien sûr que non.

Identifié publiquement comme médecin, quelle que soit sa véritable identité, il se doit de respecter, comme il le fait sous son nom, les règles déontologiques.

Enfin, Twitter.

La question semble moins se poser dans les pays anglo-saxons, où Twitter est vu comme un outil pour des communautés, supposant, de facto, que l’on y vient sous sa vraie identité.

Je vois le Twitter français, en tout cas celui que se sont approprié les médecins, comme une sorte de cour de récréation. On se côtoie, on s’amuse, on court dans tous les sens. et puis il faut rentrer en classe, et les mêmes personnes qui chahutaient redeviennent séreuses et travaillent. En tout cas en principe.

Et elles peuvent alors échanger des informations de type professionnel, se poser mutuellement des questions et y répondre, faire le compte rendu d’un congrès, etc.

La seule différence c’est que cet espace est public, ouvert à tous.

Tout le monde, ou presque, peut donc assister à ces échanges, à ces plaisanteries, à ces diagnostics, à ces conseils.

Quand on a envie de se défouler, ou bien quand, médecin, on raconte ses consultations, sollicite l’avis de ses confrères sur un cas, ou même quand on raconte des éléments de sa vie, on n’a pas forcément envie que son voisin, ou a fortiori son patient, vous identifie.

On pourrait alors se dire que, pour les médecins, il leur suffirait de ne pas s’identifier comme tels, d’être vraiment anonymes. Et la liberté leur serait rendue.

Oui mais être identifié comme médecin permet des échanges et des communications qui n’ont de sens que parce qu’on est identifié comme médecin.

Le pseudonyme me paraît, pour toutes ces raisons, parfois justifié.

Pour sécuriser les médecins qui utilisent un pseudo, et ceux qui les suivent, qu’ils soient médecins ou patients, le CNOM leur propose d’attester simplement que derrière ce pseudo c’est bien d’un médecin qu’il s’agit.

Finalement, le médecin sous pseudo doit toujours penser, quand il s’exprime, qu’il va être lu par des médecins, mais aussi par des patients.

Et ces patients, on ne doit pas leur donner l’impression qu’on se moque d’eux, qu’on les humilie, qu’on les méprise.

Là est sans doute le plus délicat sur Twitter.

Espace de défoulement, certes, mais espace public, ouvert à tous, et sur lequel, donc, le médecin se doit d’observer le même respect pour les autres que celui qu’il aurait dans la vraie vie.

La question n’est donc pas, finalement, le pseudonyme, pourquoi? Mais : le pseudonyme, comment?

Un pseudo pour permettre de s’exprimer librement, oui, si cette liberté va de pair avec le respect de la déontologie et le respect des patients.

Un journal de campagne

Janvier 2010

La région PACA disposait de deux postes de conseillers nationaux. La loi HPST, cherchant à améliorer la représentativité, a créé, dans notre région comme dans d’autres, un poste supplémentaire.

Une fenêtre s’est donc ouverte.

Nous sommes 3 candidats sur ce poste, nous allons faire campagne ensemble, nous présentant le même jour à nos électeurs dans chaque département, chacun notre tour avec un ordre de passage savamment étudié par l’un de nous.

Je vais être élue.

Dès l’issue de ce vote, et parce que le mode de scrutin change (on va voter un renouvellement par moitié tous les 3 ans au lieu d’un renouvellement par tiers tous les deux ans), on va tirer au sort ceux qui seront sortants lors du prochain scrutin en 2013 et ceux qui seront sortants en 2016.

La logique aurait probablement voulu que l’on procède autrement (par exemple laisser aux nouveaux élus leur mandat de 6 ans et tirer au sort parmi ceux déjà en place depuis plus de trois ans), mais la logique n’est pas politique. De toute façon, le Conseil d’État a validé cette manière de faire.

Bref, je suis tirée au sort pour être sortante après 3 ans de mandat seulement, comme d’autres nouveaux élus.

Certains vont avoir, a contrario, des mandats de 9 ans…

D’autres feront leurs 6 ans.

Janvier 2013

Les élections auront lieu dans 6 mois, en juin 2013.

Sur les trois postes de la région, un seul se libère, le mien. Les deux autres n’ont pas été tirés au sort et seront donc libérés en 2016.

Je me représente, et un autre candidat va se manifester.

Nous allons faire campagne.

Cette campagne, ma campagne, je l’ai écrite à chaud, avec mon passage dans les 6 départements de la région, les milliers de km parcourus (d’accord j’exagère un peu, mais j’ai quand même roulé près de 2000 km), les rencontres multiples…

J’ai vécu des moments sympathiques, des moments délicats, des moments désagréables, des moments chaleureux, des moments plus froids que la glace, des moments heureux aussi…

Mais je ne peux pas les publier maintenant.

Le manque d’anonymat ne me permet pas de raconter, aujourd’hui, le détail de ces instantanés.

Alors, pour le moment je m’arrêterai là.

Et je ferai plutôt un billet sur le pseudonymat dans les réseaux sociaux….

Conseiller National

Être conseiller national, qu’est ce que cela veut dire?

Qui sont les conseillers nationaux ? Par qui sont-ils élus?

C’est pour apporter quelques éléments de réponse que j’ai rédigé ce billet.

Pour que les médecins, qu’ils sont censés représenter, et le public qu’ils ont pour mission d’éclairer, sachent un peu mieux, sinon qui ils sont, au moins d’où ils viennent.

Chaque Région en France métropolitaine et d’Outre-Mer a un ou plusieurs conseillers nationaux.

Ne me demandez pas comment ont été établis ces représentations, je serais bien en peine de vous le dire.

Ce n’est  pas lié au nombre de médecins inscrits dans un territoire, ce serait trop simple…

Non, j’ignore d’où viennent ces chiffres, aujourd’hui plus équilibrés qu’hier, mais encore loin d’être équitables.

Qui sont les électeurs?

Tous les médecins le savent, les conseillers départementaux sont élus au suffrage universel des médecins.

Au niveau régional, pour siéger au Conseil Régional de l’Ordre, chaque conseil départemental vote pour le ou les conseillers régionaux qui le représenteront.

Au niveau national, ce sont les conseillers titulaires des conseils départementaux d’une région qui élisent leurs représentants au conseil national.

Sauf pour la région Île de France. Et les départements d’outre-mer.

Si la ville de Paris a 5 représentants au conseil national, chaque autre département de la région parisienne a aussi son représentant.

Ainsi pour être élu, un conseiller départemental de la région parisienne fait campagne dans son département.

Selon les régions, un provincial va faire campagne dans 1 à 8 départements.

Pour ma région Provence Alpes Côte d’Azur, j’ai fait campagne dans 6 départements sur un territoire qui comporte plus de 400 km de part et d’autre….

Dans une région qui compte deux grandes villes, Marseille et Nice. Deux CHU. Deux zones d’influence inégales.

A suivre…

Patients

Note de lecture

Une fois n’est pas coutume, et de toute façon, étant donné le nombre d’articles sur ce blog, on ne peut pas dire non plus qu’il y ait vraiment des coutumes.

A propos d’un livre, intitulé Patients…

C’est au cours d’une journée d’étude consacrée aux traumatisés crâniens, il y a quelques années, que le nom de Grand Corps Malade a été prononcé pour la première fois devant moi.

Celui qui en parlait était un parent de traumatisé crânien, et il a simplement dit que ce jeune auteur au pseudonyme explicite parlait particulièrement bien du handicap, même si lui-même n’était pas un traumatisé crânien.

Passant devant un disquaire quelques jours après, je me renseignais, trouvais son dernier disque, et l’achetais. Du même coup je découvrais le slam.

GCM

Rentrée chez moi, je l’ai écouté, et j’ai d’emblée aimé ses paroles intelligentes et sensibles, ses descriptions poétiques de sa ville, de sa vie, et l’évocation à la fois pudique et réaliste de son handicap.

« Alors j’ai découvert de l’intérieur un monde parallèle,

Un monde où les gens te regardent avec gêne ou avec compassion,

Un monde où être autonome devient un objectif irréel,

Un monde qui existait sans que j’y fasse vraiment attention. »

J’ai vu qu’il était l’auteur de ses textes, et j’ai pensé que c’était un écrivain et un poète.

Quelques mois plus tard, dans une émission de radio à laquelle je participais, consacrée à l’évaluation du dommage corporel, j’ai fait passer le morceau qu’il a justement mis en préface de son livre.

Car le livre, nous y arrivons.

Il est sorti en octobre, mais je ne l’avais pas vu, et c’est par hasard que je l’ai découvert en flânant dans une librairie.

Aussitôt vu, aussitôt acheté, aussitôt lu.

Je n’ai pas été déçue.

Grand Corps Malade y décrit non pas son histoire, mais son expérience, l’accident qui fait de lui un blessé médullaire, la réanimation, la rééducation, tous ces moments que nous connaissons, nous autres médecins, de l’autre côté.

Bien sûr il y a une galerie de portraits, les médecins pas toujours à la hauteur, les autres soignants, kinés, aides-soignants, infirmiers, au rôle essentiel… et les patients qui réagissent comme ils peuvent à l’accident qui transforme leur vie et les fait basculer dans un monde différent.

« C’est peut-être un monde fait de décence, de silence, de résistance,

Un équilibre fragile, un oiseau dans l’orage,

Une frontière étroite entre souffrance et espérance,

Ouvre les yeux, c’est surtout un monde de courage. »

Ils sont tous croqués avec beaucoup d’humanité, de générosité, de sensibilité…

Il y a la vie quotidienne, les relations entre les patients. Les souffrances physiques et morales des uns et des autres sont évoquées avec délicatesse et justesse.

Mais surtout, tout cela est raconté avec beaucoup d’humour et de distance, permettant cette plongée dans le monde du handicap sans aucun pathos ni sensiblerie.

« J’aime entendre, raconter, j’aime montrer et j’aime voir,

j’aime apprendre, partager, tant qu’y a de l’échange, y a de l’espoir. »

C’est un livre enrichissant, parce qu’il apporte une vision de l’humanité difficile, mais généreuse.

C’est compliqué

Quand j’ai créé ce blog, je pensais raconter des histoires de conseiller ordinal, de secrétaire général d’un conseil départemental de l’ordre des médecins, d’un conseiller national…
Faire connaître l’institution de l’intérieur, montrer en quoi consistent ces mandats.
J’aurais aimé raconter aussi des histoires de patients, comme la plupart des médecins qui ont un blog.

Et puis….
C’est compliqué…
C’est compliqué parce que dans mon travail de secrétaire général, je suis confrontée à de nombreux cas particuliers de confrères, et que je ne peux pas en parler, au risque de les rendre identifiables.

C’est compliqué parce que les assemblées plénières du conseil départemental ne sont pas publiques, ce qui s’y dit est confidentiel : par exemple demandes d’exonération de cotisation ou d’entraide.
C’est compliqué parce que les médecins qui ont des conflits entre eux, ceux qui sont l’objet d’un litige ou d’une plainte de la part de patients ne souhaitent pas forcément que leurs difficultés soient rendus publiques.

C’est compliqué parce que, conseiller national, je suis soumise à un devoir de réserve…

C’est encore plus compliqué pour les histoires purement médicales, celles que je rencontre à mon cabinet, parce que je ne suis pas sous pseudo.
C’est justement cette expérience qui me permet de défendre auprès du conseil national l’utilisation de pseudonymes dans certaines circonstances.

Pour le moment j’ai posé pas mal de questions sur ce blog, j’ai eu quelques réponses, j’ai traité de sujets qui me tenaient à cœur.
Bien sûr à force de s’auto-censurer, le risque est d’arriver au mutisme…

Donc, oui, c’est compliqué, mais je ne désespère pas.
Je réfléchis, je cherche la bonne formule, à très bientôt sûrement.

Et merci à tous pour votre présence sur ce blog, vos commentaires, vos mentions.